Vous avez toujours rêvé d'être au cœur d'un fait divers marquant ?
De toucher du doigt l'innommable ? Alors bienvenue dans Projet P.
Deux jeunes femmes ont été retrouvées mortes, une troisième a disparu. Aucun indice, aucune piste. Un groupe de citoyens a décidé de réagir en organisant une battue. Vous êtes invité à mener une action « citoyenne et bénévole ».
Mais au cours de celle-ci serez-vous le chasseur ou le chassé ?
Vous avez reçu des consignes : une lampe de poche, des bonnes chaussures, un pull, pas d'enfants. Vous partez dans la nuit, vous prenez le relais des forces de l'ordre, vous êtes là pour aider. Vous n'en savez pas plus.
Projet P commence comme ça… 6 personnages, pour 6 groupes de spectateurs. Leur passion : les faits divers. Leur terrain de jeu : une zone urbaine, une forêt. Un spectacle parcours qui emmène le public dans un lieu tenu secret.
Projet Peur ? Projet Panique ?...
Projet P se construit autour de faits divers réels ou inventés ou un peu des deux qui sait vraiment ?
La manipulation des informations est la spécialité des personnages que le public va rencontrer. On proposera de la réalité, presque de l'anodin, de l'invisible, de ce que l'on lit quotidiennement dans les journaux.
Pourquoi traiter de ces peurs ? C'est d'abord parce que la peur peut se construire comme un jeu. Nous adorons nous faire peur et ce depuis l'enfance, même si le monstre du placard se transforme en tueur sournois et sanguinaire au fil du temps.
C'est aussi et surtout parce que plus qu'un sujet de société, le crime est devenu déformé, scénarisé, provoquant la fascination du public qui adore amplifier l'horreur et imaginer ces criminels hommes ou femmes comme « hors » norme.
On ne peut alors se défaire de l'image de l'assassin tapi dans le noir, ou au détour d'une ruelle, d'un parking ou d'une cave mais pour avoir travaillé au sein même de l'univers carcéral, je sais que la réalité peut-être bien plus effrayante car plus banale.
Emmener le public grâce à sa curiosité, le laisser se sentir pleinement acteur, même si le « comédien-guide » reste le maître du jeu. Ne surtout pas le laisser les mains dans les poches assister à un spectacle mais le plonger dans une fiction si réelle que son engagement est total.
Utiliser au maximum les éléments et l'ambiance naturelle des Espaces publics utilisés : pas de décor rajouté, des lumières portatives (acteurs et spectateurs) seule la photographie sous forme d'affiches, de tracts, d'images projetées ou abandonnées sera introduite.
Au final, Projet P est presque comme un canular d'enfants, une veillée où l'on se raconte des histoires horribles, c'est un jeu et pourtant les mots, les actions que nous sommes amenés à exécuter nous échappent. On ne résout pas une enquête et finalement on en vient à perdre le but principal de notre présence : retrouver cette jeune femme.
Au fil de l'histoire on joue avec nos peurs, nos limites, on sent le malaise nous gagner … Jusqu'où êtes vous prêt à ouvrir la porte ? Laissez vous aller, tout va bien se passer.
Crédit photos : Sileks, Laëtitia Prieur
Écriture et Mise en scène : Aurélie Tedo
Avec : Adélie Garsault, Isa Rammant, Julien Goetz, Paule Vernin, Jérémie Sonntag, Lyazid Khimoun, Charlotte Dupuydenus
Photos : Laëtitia Prieur
Bourse : Écrire pour la rue
Accueils en résidence et coproductions : Ville de Vaugneray // Espace Périphérique (La Villette) // Animakt (La Barakt) // Art'r, dispositif d'A Suivre Productions.// pOlau, Pôle des arts urbains de Tours // La Chartreuse Villeneuve les Avignon
Subvention : DGCA